# Les marées : la Lune, le Soleil et les coefficients

> Comprendre la marée : attraction de la Lune et du Soleil, retard de 50 minutes par jour, vives-eaux, mortes-eaux, coefficient de 20 à 120, règle des douzièmes.

Paru le 1 novembre 2026 · Par Anne-Laure Dufresne (https://www.sciences-metisses.org/plumes/anne-laure-dufresne/) · Eau, Terre et climat (https://www.sciences-metisses.org/eau-terre/)

URL : https://www.sciences-metisses.org/eau-terre/maree/
Sciences métisses — Les sciences expliquées, d'une discipline à l'autre — https://www.sciences-metisses.org/

## Ce qu'il faut retenir

- La marée est la montée et la descente régulières du niveau de la mer, causées surtout par l'attraction de la Lune et, à un degré moindre, par celle du Soleil, combinées à la rotation de la Terre.
- Sur les côtes françaises de la Manche et de l'Atlantique, il y a en général deux pleines mers par jour, qui arrivent chaque jour environ 50 minutes plus tard que la veille.
- Les vives-eaux suivent la nouvelle et la pleine Lune, quand la Lune et le Soleil sont alignés ; les mortes-eaux correspondent aux quartiers de Lune.
- Le coefficient de marée, calculé par le SHOM pour Brest, va de 20 à 120 : il mesure l'ampleur de la marée, pas la hauteur d'eau, que la météo peut aussi modifier.

La marée est la montée puis la descente régulières du niveau de la mer. Elle est causée surtout par l'attraction de la Lune, et dans une moindre mesure par celle du Soleil, combinées à la rotation de la Terre sur elle-même. Sur les côtes françaises de la Manche et de l'Atlantique, la mer monte et descend ainsi deux fois par jour, avec un retard d'environ 50 minutes d'un jour sur l'autre.

Le coefficient de marée, ce nombre de 20 à 120 affiché dans les ports, mesure l'ampleur de ce mouvement. Il est calculé par le Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM). Cet article fait partie de la rubrique [Eau, Terre et climat](/eau-terre/) et reprend chaque pièce du mécanisme, de la Lune jusqu'au coefficient.

## Pourquoi la Lune soulève la mer

On dit souvent que la Lune « attire l'eau ». C'est vrai, mais incomplet : si l'attraction suffisait, il n'y aurait qu'un seul renflement d'eau, tourné vers la Lune, et donc une seule marée par jour.

### Une attraction qui n'est pas la même partout

La Lune attire toute la Terre, mais pas avec la même force en tout point. L'océan situé du côté de la Lune est un peu plus près d'elle que le centre de la Terre : il est un peu plus attiré. L'océan situé de l'autre côté en est plus loin : il est un peu moins attiré, et il « reste en arrière ».

C'est cette différence d'attraction d'un point à l'autre, et non l'attraction elle-même, que les physiciens appellent la force de marée. Elle étire l'enveloppe d'eau en deux bourrelets : l'un face à la Lune, l'autre à l'opposé.

### Le Soleil, deuxième moteur

Le Soleil produit le même effet. Il est environ 27 millions de fois plus massif que la Lune, mais il se trouve à peu près 389 fois plus loin. Or la force de marée diminue avec le cube de la distance. Le calcul donne un effet solaire d'environ 46 % de l'effet lunaire, la valeur que retient par exemple [L'Encyclopédie canadienne](https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/tide). La Lune reste le moteur principal ; le Soleil renforce ou contrarie son action selon leurs positions.

## Deux marées par jour, avec 50 minutes de retard

La Terre tourne sous ces deux bourrelets. Une côte donnée passe donc sous chacun d'eux à peu près une fois par jour : deux pleines mers, deux basses mers.

Mais la Lune avance aussi sur son orbite, dans le même sens que la rotation terrestre. Pour retrouver la Lune au même endroit du ciel, la Terre doit tourner un peu plus d'un tour complet, ce qui prend environ 24 h 50. D'où une pleine mer toutes les 12 h 25 environ, et un horaire qui glisse d'à peu près 50 minutes chaque jour. Un document pédagogique d'[Eduscol](https://eduscol.education.fr/document/7418/download), illustré par des figures du SHOM, précise que ces 50 minutes sont une moyenne théorique.

J'ai longtemps cru que la marée « suivait le soleil », parce que la mer était basse à la même heure lors de deux promenades à quelques jours d'intervalle. Il m'a suffi de noter les horaires d'une semaine entière sur un calendrier pour voir le décalage s'installer, jour après jour. C'est devenu un petit exercice que je propose en atelier, avec un annuaire des marées et un crayon.

Toutes les côtes du monde ne vivent pas ce rythme. Selon la forme des bassins océaniques, certaines n'ont qu'une pleine mer par jour, d'autres un régime mixte.

## Vives-eaux et mortes-eaux

L'ampleur de la marée change au fil du mois lunaire. À la nouvelle Lune et à la pleine Lune, la Terre, la Lune et le Soleil sont à peu près alignés : les deux effets s'additionnent. La mer monte plus haut et descend plus bas. Ce sont les vives-eaux, et les plus fortes donnent les « grandes marées ».

Au premier et au dernier quartier, la Lune et le Soleil tirent à angle droit l'un de l'autre. Leurs effets se contrarient en partie, et l'écart entre pleine mer et basse mer se réduit : ce sont les mortes-eaux.

Un détail surprend souvent. Le pic des vives-eaux n'arrive pas le jour même de la pleine Lune, mais avec un petit retard, de l'ordre d'un jour et demi sur nos côtes. L'océan a de l'inertie, et l'onde de marée met du temps à se propager.

Les plus fortes marées de l'année se produisent près des équinoxes, en mars et en septembre, quand le Soleil se trouve au-dessus de l'équateur et que son action se cumule le mieux avec celle de la Lune.

## Le coefficient de marée, un nombre de 20 à 120

Le coefficient est une particularité française. C'est un nombre sans unité, calculé par le SHOM pour le port de référence de Brest, et considéré comme valable pour toutes les côtes de Dunkerque à Saint-Jean-de-Luz. Il compare le marnage du jour, c'est-à-dire la différence de hauteur entre pleine mer et basse mer, à un marnage de référence. Les prédictions officielles de hauteurs et d'horaires sont publiées par le SHOM sur son site [maree.shom.fr](https://maree.shom.fr).

Par convention, 100 correspond à une vive-eau moyenne d'équinoxe. Le tableau suivant donne les repères usuels.

| Coefficient | Ce qu'il désigne |
|---|---|
| 20 | Plus faible morte-eau possible |
| 45 | Morte-eau moyenne |
| 70 | Marée moyenne, la limite habituelle entre mortes-eaux et vives-eaux |
| 95 | Vive-eau moyenne |
| 100 | Vive-eau moyenne d'équinoxe |
| 120 | Plus forte vive-eau possible |

Deux précisions évitent les malentendus. D'abord, le coefficient mesure l'ampleur de la marée, pas la hauteur de l'eau à un endroit donné. Un coefficient 90 ne donne pas la même hauteur à Dunkerque et à Saint-Malo. Ensuite, les prédictions ne tiennent pas compte de la météo : une forte dépression ou un vent soutenu vers la côte peuvent faire monter la mer au-dessus du niveau annoncé, ce que rappellent les supports de formation du SHOM.

### La règle des douzièmes

La mer ne monte pas à vitesse constante. Les navigateurs utilisent une approximation simple : sur les six heures environ d'une marée montante, l'eau monte d'un douzième du marnage la première heure, de deux douzièmes la deuxième, de trois la troisième et la quatrième, de deux la cinquième et d'un la sixième.

Autrement dit, la moitié de la montée se fait pendant les deux heures du milieu. C'est la raison pour laquelle la mer semble « arriver d'un coup » en milieu de marée. La règle reste une estimation, moins fiable sur les côtes où la courbe de marée est irrégulière.

## Pourquoi l'amplitude change d'une côte à l'autre

L'attraction de la Lune est à peu près la même partout. Ce qui change, c'est la façon dont l'onde de marée se comporte en arrivant sur les côtes. Les fonds peu profonds, les baies en entonnoir et les phénomènes de résonance peuvent l'amplifier considérablement.

La baie du Mont-Saint-Michel en est l'exemple français le plus connu : l'amplitude y peut dépasser 14 mètres, la plus forte d'Europe selon une notice publiée sur le [portail de documentation Eau et biodiversité](https://www.documentation.eauetbiodiversite.fr/notice/00000000015df15ea3d58a02a8356919). À l'inverse, la Méditerranée, presque fermée, ne communique avec l'Atlantique que par le détroit de Gibraltar : la marée y reste très faible, et à peine perceptible sur la plupart des plages.

Ce va-et-vient découvre deux fois par jour l'estran, la bande de littoral tantôt noyée, tantôt à sec. Les algues, les coquillages et les crabes qui y vivent supportent l'eau salée puis l'air libre, et forment le bas d'une [chaîne alimentaire](/vivant/chaine-alimentaire/) qui nourrit poissons et oiseaux. L'eau qui les recouvre, elle, doit sa salinité à un tout autre mécanisme, raconté dans [pourquoi la mer est salée](/eau-terre/pourquoi-la-mer-est-salee/).

**Lire un annuaire des marées avant une balade**

Un annuaire des marées indique pour chaque jour les heures et les hauteurs de pleine mer et de basse mer d'un port, et le coefficient. Avant une promenade sur l'estran, je regarde l'heure de la basse mer et je compte large pour le retour : en vives-eaux, la mer remonte vite, et dans les baies très plates elle peut avancer plus vite qu'on ne marche. Les horaires officiels sont ceux du SHOM, souvent repris par les mairies et les capitaineries des communes littorales, qui signalent aussi les zones dangereuses.

La marée n'est au fond qu'une petite part du grand déplacement de l'eau sur la planète. L'article sur [le cycle de l'eau](/eau-terre/cycle-de-l-eau/) suit le trajet de cette même eau de mer quand elle s'évapore, devient nuage puis retombe en pluie.

## Après les marées, quel sujet explorer ?

Deux questions pour trouver l'article du site qui prolonge ce qui vous a le plus intrigué.

- Sur la plage à marée basse, qu'est-ce qui attire le plus votre attention ? Les crabes, les coquillages et les oiseaux de l'estran / Le goût salé de l'eau / Les flaques qui s'évaporent au soleil / Les bateaux échoués qui se remettent à flotter
- Quel genre d'explication préférez-vous ? Qui mange qui, et comment l'énergie circule / L'histoire géologique d'un phénomène / Un grand circuit à l'échelle de la planète / Une loi physique qu'on peut tester dans sa cuisine

- **La vie de l'estran** Algues, coquillages et crabes de l'estran forment le bas d'une chaîne alimentaire qui nourrit poissons et oiseaux. [Lire : la chaîne alimentaire](https://www.sciences-metisses.org/vivant/chaine-alimentaire/#pourquoi-lamplitude-change-dune-cote-a-lautre)
- **D'où vient le sel** La marée brasse une eau salée dont la salinité tient à un tout autre mécanisme, lié aux roches et aux rivières. [Lire : pourquoi la mer est salée](https://www.sciences-metisses.org/eau-terre/pourquoi-la-mer-est-salee/)
- **Le grand voyage de l'eau** La marée n'est qu'une petite part du déplacement de l'eau : évaporation, nuages, pluie, nappes. [Lire : le cycle de l'eau](https://www.sciences-metisses.org/eau-terre/cycle-de-l-eau/)
- **Pourquoi le bateau se remet à flotter** Quand la mer remonte, la coque échouée retrouve assez d'eau autour d'elle pour flotter de nouveau : c'est la poussée d'Archimède. [Lire : la poussée d'Archimède](https://www.sciences-metisses.org/matiere/flottaison-poussee-d-archimede/)

À lire ensuite : [Sur l'estran découvert à marée basse, qui mange qui ? La chaîne alimentaire expliquée.](https://www.sciences-metisses.org/vivant/chaine-alimentaire/)


## Et si on vous demande…

**Pourquoi y a-t-il deux marées par jour ?**

L'attraction de la Lune déforme l'océan en deux bourrelets, l'un du côté de la Lune, l'autre du côté opposé. La Terre tournant sur elle-même, une côte passe sous ces deux bourrelets à peu près en 24 h 50, d'où deux pleines mers environ toutes les 12 h 25.

**Que signifie le coefficient de marée ?**

C'est un nombre sans unité, de 20 à 120, calculé par le SHOM pour Brest et valable de Dunkerque à Saint-Jean-de-Luz. Il mesure l'ampleur de la marée : 100 correspond par convention à une vive-eau moyenne d'équinoxe.

**Quand ont lieu les grandes marées ?**

Elles suivent de peu la nouvelle Lune et la pleine Lune, quand la Lune et le Soleil sont alignés. Les plus fortes de l'année se produisent au voisinage des équinoxes, en mars et en septembre.

**Le Soleil joue-t-il un rôle dans les marées ?**

Oui. Son effet de marée vaut environ 46 % de celui de la Lune : il est bien plus massif, mais beaucoup plus loin, et l'effet de marée diminue très vite avec la distance.

**Pourquoi la marée est-elle si faible en Méditerranée ?**

Presque fermée, la Méditerranée ne communique avec l'Atlantique que par le détroit de Gibraltar, si bien que l'onde de marée océanique y pénètre mal. La forme des bassins et des côtes compte autant que l'attraction de la Lune.
